Repli de l’inflation de 0,2% en février: que faut-il en penser ?

Lundi 29 février, l’institut européen des statistiques, Eurostat, a publié un chiffre qui risque de susciter bien des débats au sein de la Banque Centrale Européenne, gardienne d’un taux d’inflation raisonnable au sein de la zone euro. De fait, alors que l’évolution des prix n’était que de 0,3% en janvier sur une année glissante, elle a même basculé, d’un mois à l’autre, en négatif, à -0,2%. Ce phénomène potentiellement inquiétant avait déjà été observé en septembre 2015, mais au-delà de cette valeur brute, c’est surtout l’écart par rapport aux prévisions qui suscite un certain étonnement teinté de crainte des experts.

Repli inflation

La chute du taux d’inflation découle bien entendu, en partie, de la forte baisse des cours du baril de pétrole, puisque les prix de l’énergie ont notamment plongé de 8% en l’espace d’une année. Toutefois, cela ne suffit pas à expliquer l’intégralité du problème, car même la « core inflation », dite « sous-jacente », c’est-à-dire excluant les secteurs les plus volatils (énergie et alimentaire), apparait au plus bas depuis avril 2015.

Le principal questionnement des économistes concerne en fait un possible ralentissement généralisé de l’économie – au niveau de l’union monétaire a minima – causé par l’inquiétude des chefs d’entreprise vis-à-vis de l’inflation « sous-jacente », justement, qui les inciteraient au statu quo et à une posture attentiste. Cela impliquerait une stagnation, pouvant se prolonger sur plusieurs années, comme l’exemple nippon le démontre depuis 2001. Pire encore, dans un scenario qui donne des cauchemars à Mario Draghi (et à tous les experts), si les prix et les salaires entament une spirale infernale à la baisse, nous pourrions connaître une déflation, synonyme de dépression, comme dans les années ayant précédé la Seconde Guerre Mondiale.

Pour l’heure, ce scénario du pire demeure hautement improbable – et c’est heureux – mais les derniers indicateurs (tels que l’indice composite des directeurs d’achats, par exemple) sont pas fameux, si bien qu’un fléchissement de la reprise économique européenne semble se confirmer. Devant ce portrait peu flatteur, la Banque Centrale Européenne devrait annoncer, le 10 mars prochain, de nouvelles actions, telles qu’un accroissement du volume des rachats des dettes publiques.

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