Encore un rebondissement dans le dossier du Brexit

Sir Ivan Rogers, ambassadeur du Royaume-Uni auprès de l’Union Européenne, n’est pas vraiment coutumier des surprises, mais en venant d’annoncer sa démission ce mardi 3 janvier – alors que son mandat ne devait pas prendre fin avant octobre 2017 – il est à l’origine d’un petit séisme politique, à Bruxelles comme à Londres. En effet, bon nombre d’observateurs se demandent pourquoi ce fin connaisseur des arcanes de l’UE, en poste depuis trois ans, décide brusquement de partir, alors même que son pays s’apprête à invoquer l’article 50 en mars, afin de sortir de l’Union.

brexit-rebondissement

A vrai dire, selon les sources de plusieurs grands quotidiens européens, il semblerait bien que Sir Ivan Rogers ait fini par faire les frais de son manque de diplomatie – ou, dit autrement, de son franc-parler. En effet, bien que d’un caractère très calme et avenant, M. Rogers était de plus en plus perçu par les proches de la Première Ministre, Theresa May, comme « pessimiste » vis-à-vis de l’implémentation du Brexit.

En effet, il convient tout d’abord de rappeler que Sir Rogers a été l’un des plus proches conseillers de David Cameron pour aboutir à l’accord avec l’UE soumis au referendum – et rejeté – en juin. Par la suite, lors de l’entrée en fonction de Theresa May, celle-ci l’avait confirmé à son poste, mais elle ne lui aurait pas pardonné une « fuite », relayée par la BBC, quant au délai des négociations sur l’issue du Brexit. De fait, M. Rogers avait estimé que d’ici à l’établissement d’une nouvelle relation entre le Royaume-Uni et l’UE – tant sur le plan politique qu’économique – il pourrait s’écouler plus d’une décennie.

Si cette déclaration n’avait choqué personne à Bruxelles – où l’on sait bien que le simple fait de négocier un accord basique de libre-échange nécessite au moins 5 ans – elle a fait l’effet d’une bombe outre-Manche, où le gouvernement May persiste et signe à vouloir trouver rapidement un deal acceptable avec l’UE. En tout cas, il est certain que le prochain représentant permanent du Royaume-Uni à Bruxelles aura forte affaire, car s’il sera plus proche de la ligne de Londres sur le Brexit, il ne sera pas autant expérimenté … et dans les couloirs des institutions de l’Union, on se demande si le départ de Sir Rogers n’est pas le signe d’un imminent « hard Brexit » – autrement dit d’un divorce tout sauf amiable …

You may also like...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>