Le Qatar plus isolé que jamais

Ce lundi 5 juin 2016, une déclaration commune des dirigeants d’Arabie Saoudite, du Bahreïn, d’Egypte, des Emirats Arabes Unis et du Yémen a fait l’effet d’une petite bombe sur la scène géopolitique du Moyen-Orient. En effet, l’ensemble des états précédemment cités – auxquels la Mauritanie a emboîté le pas, peu de temps après – ont fait savoir qu’ils cessaient immédiatement toute relation avec le Qatar. En parallèle, son allié Turque annonçait le déploiement prochain de soldats afin de protéger ce petit état du Golfe.

qatar isolé

Pour l’Arabie Saoudite, « poids lourd » régional, le principal objectif de cette crise diplomatique consiste à forcer la main du Qatar pour qu’il cesse de soutenir certains groupes armés considérés comme terroristes par Riyad. De surcroît, les dirigeants qataris ont longtemps mis en avant leur considérable fortune sur la scène internationale, et ils se murmurent que les Saoudiens veulent leur réapprendre une certaine forme d’humilité.

Pour les Emirats Arabes Unis, le Qatar est le « champion du terrorisme dans la région », rien de moins, et le ministre émirati des affaires étrangères a exigé une épuration des contenus de la chaîne Al-Jazeera, une interdiction des Frères musulmans à Doha, ainsi que la fin du soutien au Hamas et à tous les groupes djihadistes violents. Pour l’heure, seul le Hamas a réagi, se déclarant scandalisé par cette demande qui pourrait bien priver l’organisation palestinienne d’un de ses principaux donateurs.

En réponse, le Qatar a indiqué que ses ressortissants auprès des Etats ayant rompu leurs relations diplomatiques avec lui voyaient quotidiennement leurs droits les plus fondamentaux être bafoués, allant jusqu’à réclamé l’implication de l’ONU. Quant à l’aide militaire proposée par la Turquie, elle a été perçue comme une bouffée d’air pour le gouvernement qatari. Ce dernier a également affirmé qu’en dépit de certains mouvements de foule ayant entraîné des pénuries temporaires, le Qatar disposait d’assez de vivres pour que le blocus conduit par l’Arabie Saoudite n’ait aucun effet majeur à échéance d’un an.

Terminons ce tour d’horizon par la réaction américaine, très mesurée – une fois n’est pas coutume. En effet, les Etats-Unis possèdent des bases militaires en Arabie Saoudite ET au Qatar ; ils ne souhaitent donc pas envenimer la situation, et espèrent qu’elle s’apaisera d’elle-même.

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