Seconde Guerre Mondiale: La Croix-Rouge suisse au chevet des enfants

Comment la Croix-Rouge suisse et le Dr Hugo Oltramare ont permis à des milliers d’enfants de retrouver l’espoir.

Le rôle de la Suisse pendant la seconde guerre mondiale, pays revendiquant une neutralité absolue depuis des siècles, a fait l’objet d’une multitude d’analyses et commentaires qui ont remis en question cette valeur pourtant bien ancrée dans la culture helvétique.

La Croix-Rouge n’a pas été exemptée de ces critiques qui mêlent la politique à la morale. Toutefois, il convient d’étudier l’histoire et les événements dans toute leur complexité afin d’en comprendre l’essence et ainsi tirer des conclusions réalistes face à une situation où les bon choix sont parfois durs à assumer.

Malgré l’universalité des valeurs humanitaires qui motivent la Croix-Rouge, il est difficile de contester le fait que mener à bien des opérations de secours en temps de guerre est une affaire délicate. Pour la Croix-Rouge, il s’agissait en ce temps de jongler entre les objectifs humanitaires, le respect de la neutralité et les contraintes politiques. Comment accéder aux victimes et aux camps de concentration si l’organisation se met l’Allemagne à dos ? Aussi difficile qu’il est de l’admettre, jeter la pierre au Reich n’aurait que compromis la mission de la Croix-Rouge et desservi les centaines de milliers de prisonniers qui recevaient ses colis et ses soins.

Toutefois, le professeur Jean-Claude Favez, sous mandat du Comité International de la Croix-Rouge, a procédé à une enquête poussée sur les actions de la Croix-Rouge en faveur des enfants. L’enquête a donné lieu à un mea culpa qui reconnait des manquements et exprime des regrets à ce sujet. Cette initiative est louable et le sera d’autant plus si elle sert de leçon aux ONG en zone de conflit plutôt qu’à pointer du doigt des erreurs de jugement commises avec les meilleures des intentions.

C’est en lisant les correspondances du Dr. Hugo Oltramare que Serge Nessi, juriste et ancien délégué général de la Croix-Rouge, décide d’étudier une faction particulière de la Croix-Rouge suisse qui concentrait ses efforts sur l’aide aux enfants ainsi que le rôle du Dr. Oltramare dans la création et la gestion de celle-ci. Son ouvrage intitulé La Croix-Rouge Suisse au secours des enfants 1942-1945 met en lumière une Suisse ouverte.

En effet, la Suisse a ouvert ses bras à quelques 180’000 de jeunes entre 1940 et 1949. Pour beaucoup de parents français, cette enclave était devenu un synonyme d’espoir. Elle offrait un salut inespéré pour leurs enfants blessés moralement et physiquement par les atrocités de la guerre. L’analyse du rôle de la Suisse pendant la seconde guerre mondiale nous dépeint un peuple perspicace et pragmatique qui, sous l’impulsion de personnalités telles que le Dr Oltramare, essayait tant bien que mal de venir en aide aux nécessiteux. Voilà les conclusions de Serge Nessi.

La Croix-Rouge suisse – Secours aux enfants, dirigée par le Dr Oltramare a permis à de nombreux enfants de rejoindre la Suisse ou d’être secouru en Europe. De plus, cette organisation a trouvé des familles d’accueil. Les jeunes ont pu rejoindre des foyers et des centres médicaux en Suisse et à l’étranger.

La Liberté a recueilli des récits poignants de survivants qui racontent leur passage en Suisse, comme celui d’une jeune fille, Seraphine qui fut accueillie par les Aubry. Elle dit que dans cette famille de trois enfants, à son arrivée, elle pleurait « tellement que Madame Aubry ne savait plus quoi faire. Elle m’a offert des cerises, mais je voulais mes parents. Le lendemain, je me suis calmée, j’ai compris que j’étais chez des gens bien ».

Avant d’être rebaptisé par Hugo Oltramare en 1942, la cellule d’aide aux enfants s’appelait le « Cartel suisse de secours aux enfants victimes de la guerre » et était active notamment en Espagne lors de la guerre civile.

Personne n’oubliera les nombreux scandales qui ont terni l’image de la Suisse, comme celui des lingots d’or juif et des banquiers peu scrupuleux. S’il faut faire appel à l’objectivité et saluer la bienveillance des organisations humanitaires et des familles d’accueil, il faut aussi admettre, faire face, accepter la nature humaine qui donnera malheureusement toujours lieux à des abus motivés par le gain personnel. Libre à chacun de tirer l’une ou l’autre conclusion sur le rôle de la Suisse pendant la seconde guerre mondiale, mais une chose est certaine ; la générosité, l’implication et le dévouement de certains individus tels que le Dr Hugo Oltramare resteront à jamais gravés dans les mémoires collectives de milliers de familles françaises.

 

You may also like...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>