Loin d’être terminée, l’offensive contre Daech en Irak s’intensifie

En Irak, Mossoul n’est pas seulement la seconde ville la plus peuplée du pays, c’est également l’une de celles à l’importance stratégique la plus grande. De fait, pour le gouvernement irakien, qu’elle soit aujourd’hui encore en grande partie aux mains du groupe terroriste Etat islamique s’avère tout simplement inacceptable.

Le 17 octobre dernier, déjà, une offensive militaire de grande envergure avait été lancée contre les forces de Daech présentes sur place, y compris avec l’appui aérien des appareils de l’US Air Force. En dépit de la déferlante de moyens utilisés, il aura fallu près de trois mois pour reprendre les quartiers Est de la ville, et sécuriser suffisamment cette zone pour s’en servir comme point d’appui dans le cadre de la reprise totale de Mossoul.

Offensive Daech Irak Mossoul

Ce dimanche 19 février, l’annonce du déclenchement des opérations militaires visant à reprendre l’Ouest de la ville a été faite par le premier ministre irakien lui-même, Haïder Al-Abadi. « Nos forces débutent ainsi la libération des citoyens du joug des terroristes de Daech », a-t-il ajouté, lors d’une déclaration télévisée. Cela étant posé, les combats ont à peine débuté que, déjà, la difficulté des combats qui s’annoncent ne fait absolument aucun doute.

Certes, l’armée irakienne s’est emparée de deux localités au Sud de la ville – Athbah et Al-Lazzagah – qui se trouvent à quelques encablures seulement de l’aéroport, l’une des principales cibles opérationnelles. Néanmoins, les forces de réponse rapide du ministère de l’intérieur ont reconnu avoir eu beaucoup de mal à sécuriser la zone. Or le niveau de résistance attendu de la part des troupes de Daech dans la partie Ouest de la ville se situe encore plusieurs crans au-dessus.

De fait, les ruelles de la vieille ville créent un environnement des plus propices aux embuscades en tout genre, et plus globalement, à la guérilla urbaine en ce qu’elle a de plus sanglant. L’hypothèse de combats maison par maison s’avère donc tout à fait crédible, et ce d’autant plus que les habitants du côté Ouest sont majoritairement sunnites, et plus enclins à soutenir Daech que ceux qui résident sur la rive Est du Tigre.

L’ONU a en tout cas fait savoir que des camps supplémentaires devront être ouverts sous peu. D’ores et déjà, ce sont plus de 6 millions d’irakiens qui ont besoin d’aide, or la coordinatrice humanitaire des Nations Unies sur place, Lise Grande, souligne que les fonds nécessaires ne sont pas disponibles. Alors que 350 000 enfants se trouvent dans la partie Ouest de la ville, et en dépit de la nécessité stratégique de reprendre Mossoul pour porter un coup fatal à l’Etat Islamique en Irak, il serait donc bon de ne pas négliger l’aspect humanitaire des combats terribles à venir.

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