Maintien du taux du Livret A : une bonne nouvelle, ou du moins en apparence…

Le calcul du taux de rendement du Livret A n’est pas des plus simples, car il intègre à la fois le niveau de l’inflation, mais aussi celui des taux des marchés monétaires. En tout état de cause, le taux actuel de 0,75% aurait théoriquement dû, le 1er août, descendre encore d’un cran, pour s’établir à 0,5% seulement. De prime abord, cet écart de 0,25 point peut sembler faible, mais il s’avère néanmoins susceptible de générer un effet psychologique néfaste, et propice à la décollecte. Afin d’éviter ce scenario, l’actuel gouverneur de la Banque de France – François Villeroy de Galhau – a soumis la proposition suivante au Ministère des Finances: conserver le taux actuel de 0,75% jusqu’au milieu de l’année prochaine.

Livret A maintien du taux

Le ministre a validé ce choix, dans un communiqué de presse précisant que sa décision vise à «maintenir un rendement satisfaisant pour les épargnants», même si l’on peut s’interroger sur l’emploi de l’adjectif «satisfaisant» pour un taux inférieur à 1%. En outre, dans l’arrêté qui a été publié par la suite, au Journal Officiel, du 29 juillet, il apparait que les PEL seront quant à eux impactés par une baisse de leurs taux de rémunération. Celui-ci passera en effet de 1,5% à 1%. Quoi qu’il en soit, la décision du Ministère des Finances n’est pas non plus totalement exempte d’arrière-pensées politiciennes, puisque se mettre à dos les épargnants à l’approche de l’élection présidentielle serait, à n’en pas douter, contre-productif. De fait, d’aucuns estiment déjà que, sauf retournement de situation au niveau de la santé de l’économie mondiale, le taux du Livret A pourrait bien baisser dans les lendemains de l’arrivée du prochain président…

Pour l’heure, en tout cas, le fait de maintenir à 0,75% le rendement de ce livret d’épargne réglementé a un effet indirect – relativement peu connu – sur le logement social. En effet, le coût des prêts de long terme que souscrivent les bailleurs sociaux est corrélé au taux du Livret A, et le fait que celui-ci ne descende pas à 0,5% implique que les organismes HLM ne pourront pas faire l’économie de quelques 250 millions d’intérêts. Selon la Banque de France, le calcul du Livret A devrait donc être revu, car un delta de 0,5% sur son taux se traduit par une charge supplémentaire annuelle de plus de 7000 euros – sur trois décennies, rien de moins – à chaque nouveau logement social sorti de terre.

 

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