L’Etat Islamique: changement de stratégie

Les récents attentats de Bruxelles sont la nouvelle illustration tragique de la nouvelle stratégie adoptée par Daesh dans la foulée des premiers raids aériens occidentaux au Moyen-Orient, en août 2014. En effet, alors que l’Etat Islamique cherchait alors prioritairement à renforcer son influence dans la zone, avec une approche de «djihad régional», son affaiblissement suite à l’intensité des frappes aériennes l’a conduit à changer d’approche, pour privilégier un «djihad global». Il s’agissait concrètement d’apporter de la terreur auprès des pays ayant frappé la nébuleuse se proclamant comme le «nouveau Califat».

Etat islamique - changement de stratégie

Dès lors, la cible la plus évidente est devenue l’Europe, plus proche que les Etats-Unis, mais aussi considérée comme plus vulnérable, du fait de l’absence de législations équivalentes au «Patriot Act» ayant suivi le 11 septembre 2001. En outre, contrairement à certains peuples ayant appris depuis bien des décennies à vivre au quotidien avec de réels risques d’attaques terroristes, ces dernières continuent de nous choquer profondément, et c’est précisément ce sur quoi compte Daesh.

De fait, il est de notoriété publique qu’un certain nombre de « cellules dormantes » ont élu domicile en Belgique, en France, mais également en Allemagne. Il ne s’agit pas ici de susciter la panique, car les services de renseignement et de contre-terrorisme sont plus que jamais en alerte afin d’agir rapidement si lesdites cellules venaient à se réveiller. Toutefois, suivant les informations du gouvernement lui-même, plus de 200 Français seraient revenus de Syrie (sur environ 600 départs) après avoir combattu auprès de Daesh.

Nul doute que ces personnes – jeunes pour la plupart – font l’objet d’une attention renforcée, car elles représentent potentiellement un atout non-négligeable pour l’Etat Islamique, comme en témoignent les attentats auxquels l’Europe – et la Turquie – doivent faire face depuis l’année dernière. Incontestablement, en matière de terrorisme, le risque zéro est une notion qu’il nous faudra oublier, mais cette acceptation n’est en aucun cas synonyme de renonciation à la lutte acharnée que l’Europe doit continuer de mener contre Daesh.

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