Réforme structurelle de l’ISF aux accents de suppression : Macron persiste et signe

Bien qu’une grande majorité de Français se déclarent favorables à l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) tel qu’il existe aujourd’hui, le ministre de l’économie, Emmanuel Macron, a réitéré ce jeudi 23 juin, qu’il était nécessité de le réformer. Soulignons toutefois qu’il a pris garde de ne pas évoquer la suppression pure et simple de cet impôt, alors qu’il avait précédemment laissé entendre qu’il ne serait pas contre cette décision. Tout au plus a-t-il glissé que le « contexte » ne lui apparaissait pas encore suffisamment favorable à une suppression.

ISF Macron

Quoi qu’il en soit, selon M. Macron, cela fait trop longtemps déjà qu’en France, la fiscalité du capital « dormant » (notamment au moment des successions) est traitée sur le même plan que le capital « productif », générateur de davantage de richesse et créateur d’emplois. De fait, les placements tels que l’assurance-vie permettent de profiter d’avantages fiscaux attractifs, tout en étant transmis d’une génération à la suivante à moindres frais. Pour le ministre de l’économie, cela revient à récompenser les épargnants passifs, au lieu de permettre à ceux qui veulent réellement investir de le faire en étant moins taxés.

En outre, il est certain que l’ISF est un impôt sous lequel se trouvent regroupés des catégories d’actifs très diverses, notamment l’immobilier et le capital productif – or il s’avère que si l’on entre dans le détail, les « niches » et la fiscalité globale du foncier sont bien plus avantageuses. Changer ce paradigme reviendrait à privilégier la prise de risque sur l’obtention d’une rente, or c’est précisément le modèle vers lequel Emmanuel Macron souhaiterait voir tendre la France.

Le ministre de l’économie persiste et signe, donc, mais il le fait avec davantage de retenu que par le passé – sans doute afin d’éviter un nouveau recadrage du Premier Ministre, comme lorsqu’il avait déclaré vouloir taxer les successions et supprimer l’ISF. Terminons en rappelant que si l’impôt sur la fortune n’est certainement pas la première source de revenus de l’Etat – c’est la TVA, pour ceux qui l’auraient oublié – il a tout de même rapporté plus de 5,2 milliards d’euros en 2015.

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