Fukushima, 6 ans après.

Le 11 mars 2011, l’une des pires catastrophes liées à une activité humaine s’est produite sur le site de la centrale de Fukushima-Daiichi, avec un accident nucléaire d’une ampleur proche de celle de Tchernobyl. Six ans plus tard, il nous paraissait important de faire le point sur l’état des travaux de décontamination du site, sur les prochaines étapes, ainsi que sur un aspect parfois négligé – mais néanmoins important – du sujet, à savoir son coût global en monnaie sonnante et trébuchante.

Fukushima catastrophe

Commençons par une Lapalissade : lorsqu’il s’agit d’organiser des travaux sur une centrale nucléaire, la notion de délais s’avère toute relative. Il suffit, pour s’en convaincre, de constater le temps nécessaire à la mise en place de l’arche de confinement sur Tchernobyl, qui a eu plus de 4 ans de retard sur le calendrier prévisionnel. Cela étant posé, l’opérateur de Fukushima, Tepco, n’a été que très récemment en mesure d’envoyer un robot jusqu’au cœur du réacteur n°2, afin de mesurer le niveau de radiation sur place. Le résultat ? Plus de 600 sieverts par heure, soit une dose létale en quelques secondes seulement. Cela prouve que le cœur du réacteur n°2 fondu, et qu’il a percé la cuve, avant de tomber dans l’enceinte de confinement.

La prochaine étape consistera à traiter les eaux contaminées – qui ont servi à aspergé le cœur des réacteurs pour les refroidir – ce qui représente environ un million de mètres cubes (!). Les réacteurs eux-mêmes devront aussi être démantelés, mais les travaux ne pourront pas commencer avant le début de la prochaine décennie – et pourraient durer plus de 30 ans. Concrètement, n’espérez pas pouvoir habiter à proximité immédiate de la centrale avant 2051 au plus tôt …

Concernant les quelques 200 000 habitants évacués de la zone, quelques communes désertées peuvent de nouveau accueillir des personnes, mais seuls 15 % des anciens concitoyens de ces villes ont l’intention de rentrer. En outre, trois communes ne seront pas repeuplées avant longtemps, puisqu’elles ont été choisies comme lieu de stockage des déchets radioactifs de la centrale.

Enfin, si l’on parle – à juste titre – du bilan humain terrible de la catastrophe de Fukushima, le bilan économique est souvent négligé, or selon les estimations de Tokyo (que de nombreux experts jugent « optimistes »), il en coûtera près de 190 milliards d’euros au Japon.

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