La fin du chèque serait-elle proche ?

Ce jeudi 3 novembre, le Sénat a effectué une nouvelle lecture du projet de loi relatif à la transparence, la lutte contre la corruption, et plus globalement la modernisation de la vie économique. Baptisée « Sapin 2 », celle-ci abrite notamment un article qui fait beaucoup parler de lui, concernant la durée de validité d’un chèque – pour réduire celle-ci d’un an à six mois seulement. Ce n’est pas la première fois que les pouvoirs publics souhaitent complexifier le cadre légal entourant l’utilisation des chèques, dans le but à demi-avoué d’en réduire la fréquence d’usage. Or, il s’agit d’un moyen de paiement particulièrement prisé de nos concitoyens … car, pour information, plus de 70% des chèques signés en Europe le sont dans l’Hexagone.

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Pour le gouvernement, cette lettre de créance « miniature » n’apporte pas suffisamment de traçabilité, ce qui pose problème dans le cadre de la lutte contre le blanchiment d’argent sale, tandis que du côté du lobby des banques, le chèque – par nature gratuit – est vu comme un coûteux anachronisme, surtout à l’ère de la révolution digitale. Certes, d’après les données de la Banque de France, seuls 12% des paiements en 2014 ont été effectués au travers d’un chèque, contre près des ¾ en 1975. Néanmoins, les Français(es) demeurent profondément attachés à ce moyen de paiement, qui permet notamment aux ménages les moins fortunés de bénéficier de délais d’encaissement – particulièrement utiles en fin de mois pour éviter des découverts, avec des frais associés bien souvent colossaux perçus par les banques.

Les petites entreprises (TPE et PME) sont également vent debout dès lors qu’il est question de remettre en cause l’utilisation du chèque, et ce pour la simple et bonne raison que sa gestion s’avère particulièrement simple, et qu’il est ainsi possible d’acquérir des biens de tous types sans avoir à rémunérer un organisme financier pour avoir « le droit de payer ». Là encore, la possibilité que permet le chèque de moduler les délais de paiement représente un avantage majeur pour une entreprise, sans cesse en quête d’une meilleure maîtrise de son cash-flow. Incontestablement, tant que les coûts d’utilisation des autres moyens de paiement resteront significatifs – pour ne pas dire, dans certains cas, prohibitifs – le chèque a encore de beaux jours devant lui en France.

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