DNCS, une faim de Barracuda!

Si quelqu’un doute encore de l’influence de la géopolitique sur l’économie française, il lui suffit de prendre en compte la récente commande passée à la DCNS par l’Australie pour 12 sous-marins «Shortfin Barracuda». En effet, inquiète par la puissance de plus en plus visible de la branche navale de l’Armée Populaire de Libération chinoise, ainsi que par le renforcement des capacités offensives de l’Indonésie, la marine australienne est prête à dépenser 34 milliards d’euros (!) pour une douzaine de bâtiments. Les retombées en France devraient se limiter à 8 milliards, mais il s’agit tout de même d’une somme rondelette, que l’on doit au projet remarquable de DCNS.

Shortfin Barracuda

Concrètement, notre spécialiste du navale de défense est déjà contracté pour livrer des SNA (sous-marin nucléaire d’attaque) de la classe « Barracuda » à la Marine Nationale, et si ceux-ci ne sont pas encore tout à fait du niveau des «Seawolf» de l’US Navy, ils figurent néanmoins parmi les meilleurs bâtiments de leur catégorie. Cependant, du fait d’accords de non-prolifération d’armes et de vecteurs nucléaires, il était impossible à DCNS de livrer des «Barracuda» à l’Australie. Il a donc fallu faire preuve d’ingéniosité pour réutiliser la structure de ces sous-marins, mais avec une propulsion hybride diesel-électrique, et un équipement américain – à la demande du client.

De l’aveu même du gouvernement australien, l’offre française était «supérieure en matière de senseurs et de furtivité» à celle portée par un consortium germano-nippon. En outre, le contrat inclut les infrastructures, la maintenance, la formation des équipages, ainsi qu’un transfert de compétences et de technologie. Certes, les Chinois peuvent compter sur un nombre croissant de sous-marins nucléaires, à l’autonomie nettement plus importante que les «Shortfin Barracuda», mais si ceux-ci sont utilisés en patrouille le long des côtes, leur silence de fonctionnement supérieur les rend redoutablement efficaces … de même, bien entendu, que les torpilles Mk-48 ADCAP de fabrication américaine dont il sera pourvu. Espérons néanmoins que nous n’aurons jamais l’occasion de vérifier qui ressortirait victorieux d’un tel affrontement dans les eaux du Pacifique.

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