Crise politique au Brésil : une situation potentiellement explosive ?

Au Brésil, la scène politique ressemble, ces derniers temps, à une véritable foire d’empoigne, or cette poudrière menace de s’enflammer à tout moment, avec le risque de voir basculer le pays dans la violence. De fait, le vendredi 18 mars, après que les opposants au gouvernement de Dilma Rousseff eurent campés dans les rues de Sao Paulo depuis pendant près de deux jours, ce sont les partisans du Parti des Travailleurs qui ont été invités à manifester.

Crise politique Brésil

Incontestablement, la nomination par la Présidente de son prédécesseur, Luiz Inacio Lula da Silva, au gouvernement comme Chef de la maison civile – afin d’obtenir une forme d’immunité juridique – n’a pas été bien perçu par une majorité de Brésiliens. Ce poste correspond en effet peu ou presque à celui de Premier Ministre, or « Lula » est éclaboussé par de nombreux scandales de corruption. Le dernier en date concerne justement sa nomination, car lors d’un enregistrement téléphonique rendu publique entre la Présidente et « Lula », il apparait clairement que l’objectif visé est d’éviter à ce dernier de finir en prison.

Tous les acteurs de la vie politique brésilienne – de la « rue » au Congrès, en passant par la justice, la fédération patronale, l’opposition et le parti de gouvernement, se saisissent du sujet, et créent de facto une véritable cacophonie. Pour exemple, Geraldo Alckmin, gouverneur de l’Etat de Sao Paulo, a récemment autorisé l’opposition à s’approcher à proximité immédiate d’un rassemblement pro-Dilma Rousseff. Briguant le poste de Président pour le parti de droite, PSDB, il a ainsi pris le risque de jeter de l’huile sur le feu, afin de retourner la situation à son avantage. Quant à une partie du patronat, représenté par la FIESP, elle distribue désormais des repas à tous ceux qui descendent dans la rue pour réclamer la destitution de l’actuelle Présidente.

Les prochaines semaines promettent d’être particulièrement agitées, avec la poursuite d’auditions devant le Congrès afin de déterminer le degré d’implication de l’ex-président dans des détournements de fonds de la compagnie pétrolière nationale Petrobras, mais aussi avec de nouvelles manifestations prévues dans chaque camp. La classe politique brésilienne n’a jamais été aussi divisée, et cette fracture se retrouve de plus en plus dans la rue, avec de réels risques de nouveaux heurts violents.

 

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