Une conférence pour la paix ou pour l’image ?

Alors que Donald Trump s’apprête à devenir le 45ème Président des Etats-Unis – avec des positions pour le moins tranchées sur le Proche-Orient – ce dimanche 15 janvier, pas moins de 75 pays et organisation internationales se sont réunis à Paris dans le cadre d’une conférence pour mettre fin au conflit israélo-palestinien. Il s’agit clairement de réitérer que la paix ne peut s’envisager qu’à condition d’avoir deux Etats, Israël et la Palestine, cohabitant dans l’assurance durable qu’aucun ne cherchera à nuire au droit à l’existence de l’autre. Pour François Hollande, l’objectif de la conférence consiste à repositionner cette « solution à deux Etats » comme étant celle de référence, que doit poursuivre la communauté internationale dans son ensemble.

Etonnamment, toutefois, ni les représentants Israéliens, ni ceux des territoires palestiniens n’ont été invités à cette conférence. Déjà, en juin, lors de la précédente conférence, cette absence avait été remarquée, mais elle s’explique par la volonté française de créer un cadre propice à la reprise de la discussion parmi les autres acteurs potentiels – Nations Unies, Etats-Unis, UE, pays du G20, membres de la Ligue arabe, etc. – sans entrer dans un niveau de détails qui semble tous les paralyser.

Pour cette conférence du 15 janvier, en revanche, les deux principaux protagonistes ont bien été conviés à participer, mais le gouvernement israélien a catégoriquement refusé. D’ailleurs, aucune avancée concrète n’est attendue, au-delà d’un simple rappel des principes. Il n’en reste pas moins que la démarche, pour symbolique qu’elle soit, demeure essentielle : dans l’actuel chaos qui règne au Proche-Orient, la problématique israélo-palestienienne avait été reléguée en arrière-plan, or l’actuel statu quo n’est pas tenable sur le long terme.

Lorsque l’on entend le ministre de la défense israélien, Avigdor Lieberman, comparer la conférence du 15 janvier à « un nouveau procès Dreyfus », ou lorsque l’on considère la structure bicéphale de l’actuel Palestine – avec le Fatah en Cisjordanie et le Hamas à Gaza – il est clair que la paix n’est pas pour demain. Et ce d’autant plus que M. Nétanyahou se sent pousser des ailes avec la prise de fonction du Président Trump. Néanmoins, le communiqué final de la conférence représentera un consensus pour les 75 pays et organisation présents, ce qui, un jour venu, lui donnera peut-être la légitimité suffisante pour avoir un impact réel sur le terrain.

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