Ce qui a fait tomber Bohoun Bouabré

Pourquoi la Côte d’Ivoire doit exiger le siège de la Bceao

Le ministre d’Etat, ministre du Plan et du Développement, Paul Antoine Bohoun Bouabré, n’est pas devenu Gouverneur de la Bceao (Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest) au terme du 12ième sommet de l’Uemoa (Union économique et monétaire ouest africaine) qui s’est tenu le jeudi 17 janvier 2008 au Burkina Faso. Ce, alors qu’il était annoncé candidat officiel de la Côte d’Ivoire à ce poste par le chef de l’Etat Laurent Gbagbo. La Conférence des chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Uemoa a décidé de nommer pour un mandat de six (6) ans un autre Ivoirien en la personne de Henri Philippe Dacoury-Tabley, un ancien de la Bceao et récemment administrateur de la Côte d’Ivoire à la Banque africaine de Développement (Bad). Mettant ainsi fin à un long intérim assuré depuis décembre 2005 par le Burkinabé Damo Justin Barro après le départ de Charles Konan Banny. Selon des sources introduites, le ministre d’Etat Bohoun Bouabré a été combattu. Ces sources avancent que le candidat officiel ivoirien n’avait pas acquis l’unanimité notamment auprès de la France, garant du franc Cfa auprès de l’euro. La France n’était pas d’accord pour que le poste de Gouverneur de la Bceao lui revienne. Le Président Gbagbo a donc proposé d’autres noms d’Ivoiriens comme l’a souhaité le président de la Conférence des chefs d’Etat, Blaise Compaoré, afin que le poste de Gouverneur reste Ivoirien. Les mêmes sources indiquent que le profil du candidat a beaucoup compté dans la balance. Au sortir du 12ième sommet de l’Uemoa, le président de la Commission de l’Uemoa Soumaïla Cissé, a d’ailleurs donné des indications sur le choix des chefs d’Etat. Selon lui, « ce ne sont pas les pays qui sont gouverneurs, mais des individus ». Pour lui, le choix du Gouverneur de la Bceao est fait en fonction de son curriculum vitae, sa disponibilité, et en fonction des défis de l’heure. Autrement dit, lorsqu’il a s’agit de désigner le Gouverneur de la Bceao, les critères qui précèdent ont compté. Au regard de ce qui précède, on comprend encore mieux pourquoi la candidature du ministre d’Etat ivoirien a gêné des chefs d’Etat de l’Uemoa. Au sein de l’Union, bien qu’étant économiste et ayant eu un long parcours de gouvernant (ministre de l’Economie et des Finances, ministre du Plan et du Développement), il lui est reproché de ne pas être banquier. Contrairement à lui, l’Ivoirien Henri Philippe Dacoury-Tabley est un produit de la Bceao depuis 1976 qui a fait ses preuves dans plusieurs services. Dans tous les cas, quel que soit le choix, le Président Gbagbo l’a dit, l’essentiel c’est que la Côte d’Ivoire ait conservé le poste de Gouverneur pour six (6) années encore. Le ministre d’Etat Paul Antoine Bohoun Bouabré, lui, a dit au sortir du sommet être soulagé que l’intérim prenne fin.

Le siège à la Côte d’Ivoire

Pour rappel, il faut noter que la nomination du tout nouveau Gouverneur est intervenu après deux années marquées par des velléités de certains pays membres de l’Uemoa à vouloir changer le gentleman agreement qui a toujours prévalu. Cet accord tacite reconnaît que le poste de Gouverneur appartient à l’Etat ivoirien. Il a fait que depuis 33 ans le gouvernorat est revenu à la Côte d’Ivoire. Ce gentleman agreement voulait au départ que le siège fût à Dakar et la Côte d’Ivoire soit le pays qui ait le poste de Gouvernorat. Au moment où le débat est fait autour de cet accord implicite, il est peut-être temps de songer à annuler l’accord qui fait du Sénégal le pays qui habrite le siège de la Bceao. Parce que même s’il est vrai que la Côte d’Ivoire ne constitue plus les 40% du Produit intérieur brut de l’Uemoa, il est aussi vrai de reconnaître que le pays est encore de très loin la locomotive des pays de l’Uemoa. En conséquence, la Côte d’Ivoire doit abriter le siège de la Bceao. Il est temps que les autorités ivoiriennes y réfléchissent. Le Président sénégalais Abdoulaye Wade a certainement oublié le gentleman agreement lui qui au cours du sommet a remis en cause un accord datant du temps des pères fondateurs de l’union. Et qui a joué son va-tout pour que la Côte d’Ivoire soit spoliée du gouvernorat de la Bceao.

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