Bilan de la première semaine (mouvementée) de Donald Trump à la Maison-Blanche

Cela fait moins de dix jours que Donald Trump est devenu le 45ème Président des Etats-Unis, et les inquiétudes qui prévalaient avant son accession au pouvoir – au moins en ce qui concerne sa politique étrangère – restent plus que jamais de vigueur. En effet, gouvernant par décrets, il a d’ores et déjà annoncé la construction d’un mur sur la frontière mexicaine, exprimé de sérieux doutes sur l’intérêt de l’Union Européenne ou sur le niveau d’engagement américain auprès de l’UE. M. Trump a également signalé l’abandon par les Etats-Unis du traité de partenariat transpacifique, et débloqué quelques milliards de dollars supplémentaires pour le budget du Pentagone. Devant un tel bouleversement, en particulier comparativement aux mandats de Barack Obama, la France a relevé, par l’intermédiaire de François Hollande, que la nouvelle administration américaine constituait un véritable « défi » pour l’Union Européenne.

Donald Trump Maison Blanche première semaine

Cela étant posé, la vision de long terme de Donald Trump quant à la place des Etats-Unis sur la scène mondiale demeure une énigme. En critiquant ouvertement deux organisations issues des cendres de la Seconde Guerre Mondiale, à savoir l’OTAN et l’ONU, il apparait comme voulant mettre en place un nouvel ordre mondial, quitte à provoquer l’isolement de son pays. Mais, en parallèle, il désire renforcer la puissance militaire américaine – qui n’en avait pas vraiment besoin, c’est le moins que l’on puisse dire –jusqu’à un niveau dont n’ont pu que rêver Ronald Reagan ou Georges W. Bush. Le fait que le premier dirigeant étranger reçu par M. Trump soit la Première ministre britannique représente également une provocation claire vis-à-vis de l’UE.

Pour autant, comme bien souvent avec Donald Trump, derrière ses effets d’annonces, le contenu concret manque. Ainsi, pour exemple, il évoque un « accord commercial » avec le Royaume-Uni dès le Brexit, mais sans donner de date ni davantage de précisions. Idem pour le mur avec le Mexique, où aucune étude préalable de faisabilité n’a été budgétée, et encore moins initiée. Le Président Trump ne pourra pas, en tout cas, gouverner seul. Il signe des décrets, soit, mais pour affecter un budget à ses décisions, il aura besoin de négocier avec les élus du Congrès. Il en va fort heureusement de même en cas d’interventions militaires. Au final, le pouvoir des mots ne doit cependant pas être sous-estimé, et que ce soit par ses Tweets ou ses conférences de presse parfois ubuesques, M. Trump est en train de refaçonner la politique étrangère de la première superpuissance.

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