« Affaire Kerviel » : le Conseil des Prud’hommes donne raison à l’ex-trader.

Cela fait déjà huit ans que l’opposition juridique entre la Société Générale et Jérôme Kerviel se poursuit, avec des périodes de fortes tensions puis d’accalmies de plus ou moins longue durée. En ce mardi 7 juin, la juridiction civile du Conseil des prud’hommes a considéré que l’ancien trader avait été licencié sans cause réelle ni sérieuse. Certes, il avait pourtant été précédemment reconnu coupable de manœuvres boursières illégales par le Tribunal de Grande Instance – jugement confirmé par la Cour de Cassation – ayant conduit à la perte de 4.9 milliards d’euros. Toutefois, les juges prudhommaux ont indiqué qu’à leurs yeux, la Société Générale connaissait les agissements de leur ancien employé bien avant qu’ils ne soient rendus publiques, et que son licenciement découlait donc de faits prescrits. La Société Générale a ainsi été condamnée à verser plus de 450 000 euros à M. Kerviel.

Affaire Kerviel prud'hommes

Au travers de leurs avocats interposés, les deux parties concernées ont bien entendu eu des réactions viscéralement opposées. Maitre Chaulet, représentant légal de la banque dans cette affaire, a estimé qu’il s’agissait d’un scandale, et a annoncé que la Société Générale ferait immédiatement appel. De fait, il existe selon lui d’une incohérence manifeste entre les décisions précédentes – notamment de la Cour de Cassation – et le jugement du Conseil des prudhommes. Inversement, Maitre Lecoz, a souligné la satisfaction de son client devant cette première victoire sur le plan judiciaire. En effet, elle vient confirmer la thèse que soutient Jérôme Kerviel depuis son licenciement en 2008, à savoir que ses supérieurs hiérarchiques au sein de la Société Générale savaient pertinemment – et approuvaient même – le fait qu’il dépassait fréquemment les seuils fixés légalement aux opérations de marché, ainsi que les opérations fictives qu’il implémentait.

Après 8 ans de bras de fer, il ne fait aucun doute que ce n’est pas le dernier affrontement judiciaire entre Jérôme Kerviel et son ancien employeur, or il s’agit sans doute de l’une des affaires liées à la bourse les plus importantes de ce début de XXIème siècle – que ce soit par le montant considéré, ou bien par le fait qu’elle symbolise les excès de la finance pré-crise financière.

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